17 et 18 octobre 2015. Week-end magique pour les praticiens en gymnastique holistique qui ont découvert le travail de Charlotte Selver, appelé Sensory Awareness, grâce à un stage animé par Stefan Laeng-Gilliat, et organisé par Christiane Boutan-Laroze au CND.

Des propositions très ouvertes de mouvements ou de gestes simples que l’on peut développer et décliner librement à l’infini, des consignes d’une justesse et d’une délicatesse extrêmes invitant à explorer son ressenti, et l’Echange, avec un grand « E », au cœur du travail : un va-et-vient entre les expérimentations en solo et les expériences à plusieurs (2, 3… 6 personnes… tout le groupe ), souvent au contact d’objets (des moments inoubliables d’exploration de la pesanteur et de l’équilibre à partir de jeux avec des pierres et des galets !). Etre relié, à soi-même, aux autres, à l’espace qui nous entoure, aux forces qui nous animent, au monde tel qu’il est… Etre relié.

 

 

installation de Michaël Grab

 

Stefan Laeng-Gilliatt, praticien d’origine suisse basé aux Etats-Unis, a découvert le travail de Charlotte Selver, appelé Sensory Awareness,  dans les années 80, grâce aux pédagogues Seymour Carter, Ruth Veselko, et Ruth Matter. A partir de 1991, il est devenu l’élève direct de Charlotte Selver, puis son collaborateur. Il a également été le président de la Sensory Awareness Foundation de 1995 à 2007. Il a étudié la Gestalt Therapie et pratique le bouddhisme depuis 1983.

Dans la vidéo ci-dessous, il présente (en anglais) la Sensory Awareness comme une pratique expérientielle, comme un questionnement et un cheminement philosophiques basés sur l’expérience sensorielle.

 

Voici quelques extraits choisis et traduits :

« …Dans les ateliers de Sensory Awareness, nous sommes toujours intéressés par « comment nous faisons ce que nous faisons ». Et même si nous pouvons proposer une tâche clairement définie, qui peut paraître être un exercice, une forme, le but n’est pas de reproduire cette forme. Une certaine forme peut être utile dans une situation, mais peut être un obstacle dans une autre… »

« … Pratiquer la Sensory Awareness, c’est se rendre disponible à rencontrer pleinement la vie telle qu’elle est, et non maîtriser une méthode. Il s’agit de s’affranchir de contraintes, d’estomper ce qui nous entrave, d’accomplir ce que nous avons entrepris. Il s’agit d’être « chez soi » en soi-même et dans son environnement… »

« … Ce que nous appelons le moment présent est mouvement. C’est plus un processus qu’une unité de temps. C’est se percevoir soi-même et percevoir les autres, entendre, goûter etc… c’est une interaction, un contact, un processus d’appel et de réponse… le moment est rencontre avec d’autres vies, avec des sentiments, des personnes… »

« … Nous ne sommes jamais simplement présents. Nous sommes présents avec quelque chose, pour quelque chose. Et présence signifie toujours action et interaction ; et, on l’espère, collaboration. Même si nous sommes juste là, assis en silence, pratiquant ce qu’on peut appeler méditation ou mindfulness… »

« … Toute action est interaction car il y a toujours un « autre » qui entre en jeu. Ca peut être la chaise sur laquelle je suis assis, le sol sur lequel je suis debout, l’air que je respire, la tasse que j’approche de mes lèvres, un instrument, une personne. Toute chose présente, tout corps présent, y compris moi-même, joue son rôle dans la tâche à accomplir. C’est ensemble que nous l’accomplissons, même si la tâche est aussi simple que d’être assis ici. Est-ce que je remarque la présence du sol sous mes pieds, du coussin sous mes fesses ? Peut-être que la qualité de ma présence va affecter la qualité de mon assise et la qualité de ma parole. Pour explorer certains des principes basiques qui guident nos vies, il est utile de démêler les fils de la toile complexe des interactions entre les choses… Pour cela, en Sensory Awareness, nous créons des expérimentations et des explorations… »

« … La Sensory Awareness est un processus d’éveil et un processus d’incarnation. C’est une pratique contemplative dans une certaine mesure. Nous avons besoin de ces temps de repli, de ces moments de renouvellement, de non-faire, de détente. Le monde en a besoin, mais ils ne sont pas une fin en soi. Pratiquer la Sensory Awareness c’est comme être un jardinier qui taille un pommier pour qu’il donne de meilleurs fruits. Nous taillons pour laisser tomber ce qui est inutile et nous laissons de la place à ce qui peut devenir réactivité, participation à un monde complexe. »

 

 

Pour en apprendre plus sur la Sensory Awareness,

vous pouvez aussi lire l’interview de Charlotte Selver réalisée en 1977 en cliquant ICI.

 

 

Photo : installation de Michaël Grab.